Pour réaliser ma production répondant à la première incitation de cette année scolaire, j’ai choisi de représenter implicitement l’image d’un droit de grève flouté et qui a perdu en importance depuis son établissement.
I – Aspect purement graphique de la production
D’un point de vue plastique, ma production a été composée à partir de deux objets principaux que j’ai usés puis rassemblés.
Le premier objet est un dossier de chaise, que j’ai décharné au moyen d’un cutter, avant de trouver en son centre.
J’ai ensuite martelé les bords du dossier de chaise dans le but de leur rendre un aspect abrupt, tranchant, comme s’ils avaient été « rongés » par des rats.
Pour en finir avec ce dossier de chaise, j’ai rempli le trou du centre d’encre de chine de couleur rouge et marron, avant d’asperger l’ensemble de sa surface d’encre de chine rouge.
Je l’ai également recouvert de pastel gras de couleur noire, à défaut d’avoir pu faire prendre un feu en surface du matériau.
Le second objet est un demi manche à balai (que j’avais prélevé au reste du balai grâce à une scie), dont j’ai râpé la surface avec les dents d’une scie.
II- interprétation (aspect purement philosophique de ma production).
Le manche à balai râpé représente le droit de grève certes usé, mais pas réellement attaqué.
Sur la photo associée, on voit que c’est ce bâton qui est en contact avec le manifestant, et non le message lui-même…
C’est une critique implicite des ‘grévistes’ qui ne font grève que pour faire grève, sans aucune pensée pour la cause représentée (sauf éventuellement de la gratitude pour l’occasion apportée de ne pas travailler).
Le dossier de chaise, quand à lui, est symbole des nombreux messages portés par les manifestants à de maintes reprises.
On remarque qu’ils subissent tous le même sort, d’abord attaqués légèrement par les habituels contestataires, puis attaqués plus violemment ( tache de sang), avant d’être définitivement oubliés et abolis ( effacement, noircissement).
Il s’agit de la représentation symbolique des politiques pratiquées par les gouvernements de la 5ème République, tous indifférents aux légers mouvements protestataires.
Toutefois, on se doit de reconnaître la puissance du droit de manifestation, qui, lors de mouvements massifs protestataires, peut réellement permettre d’obtenir des changements de comportement (cf Mai 68).
PIERRE LOUIS
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