« Travailler comme le tanneur, racler le derme du papier » Je lui fais la peau. Travailler, gommer, racler ... essouffler la résistance du blanc ...pour que le dessin terminé, fini, montre ses blessures, les coups répétés, les peluchages et les griffures qui, jour après jour, le recouvrirent » Gérard titus Carmel Notes d'Atelier Dans une production qui ne se limitera pas forcément au dessin, vous mettrez en jeu les réflexions de Gérard Titus Carmel.


Gérard Titus Carmel Suite Narwa-pierre noire V 1977 160x200cm

BLESSURES

Pour penser le dessin, Gérard Titus Carmel. fait intervenir encore d'autres métaphores, plus ou moins impliquées dans le choix (pour désigner la longue série) du mot Narwa. Narwa pour G.T.-C., pourrait être un nom de bateau; et l'aventure du dessin serait une sorte de long, parfois dangereux périple. Narwa, cela évoque aussi pour le dessinateur le nom imaginaire et vraisemblable d'une tribu indienne dont il peut imaginer les constructions en bois, tissus, fourrures, lacets. Enfin, Narwa serait un mot d'origine francique et signifierait cicatrice, bles­sure. G.T.-C., depuis le début de son travail, est fasciné par la détérioration, l'altération. Souvent il décrit l'acte de dessiner comme une manière de labourer, creuser, blesser le papier; de sacrifier, d'écorcher sa surface. G.T.-C. a pu écrire : « (...) En arriver là : (...) que le dessin, fini, montre ses blessures, les coups répétés, les peluchages et les griffures de ce qui, quelque jour, le recouvrit ». Le crayon serait une arme et chaque trait blesserait le papier. Faite de milliers de traits, les grandes barres qui traversent toute la largeur de la feuille pour­raient à leur tour (dit le dessinateur), être lues comme blessures. Mais ces blessures seraient elles-mêmes blessées, coupées; et les tissus (qui les recouvrent) sont parfois décrits par G.T.-C. comme bandages, ligatures, pansements. Les bar­res seraient balafres balafrées. Le dessin figurerait ainsi sa propre façon d'agresser, blesser, défigurer un papier que sa blancheur défendrait avec tou­jours moins d'efficacité.

Le dessinateur G.T.-C., à l'aide de ses mines fragiles, trace des cicatrices sur un papier vulné­rable.

Gilbert Lascault

mardi 2 décembre 2008

MA TROUSSE


Mon support est une trousse et j’ai utilisé divers moyens pour « l’user » et la transformer en une sorte de prison. Le tissu est brulé, troué, gratté j’ai écrit dessus et cousu des barres de fer.
Donc on peut traduire l’épuisement du support par le mauvais traitement que la matière à endurer, mais aussi par la torture que subit le prisonnier du fait de rester enfermé. J’ai alors traité le sujet de l’emprisonnement et son coter destructeur pour l’homme.
La trousse représente aussi l’école et donc les fondements de l’éducation scolaire, et surtout les fondements de l’homme. Sans l’apprentissage, dans notre société sophistiqué, l’homme ne serait rien. Il finit donc emprisonné dans son ignorance, exclu du reste de la civilisation trop cultivé et intelligente par rapport à lui. Elle est plus superieur que le condamné.
La trousse est ouverte mais cependant elle ne laisse pas la possibilité de sortir. Le personnage enfermé dans la trousse représente alors la condamnation : le condamné. L’extrait de l’œuvre « Le Cris » d’Edouard Munch qui remplace la tête du personnage est une référence à l’art et à la souffrance.
L’art est une sorte de souffrance car les artistes donnent une part d’eux même dans leur œuvre et il y a une sorte de confession et de partage avec le « destinataire » un peu comme une autobiographie.
Je conclurais que par mon travail j’ai démontré que l’usure d’un support peut faire passer un message et être donc considérer comme un réel travail. CLARA

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Il faut reconnaitre que le concept de cette trousse est plus qu'original.. c'est la classe!:D

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