
A travers ce projet, j'ai voulu réaliser une allégorie de la mort. Sur un pull en coton blanc, j'ai d'abord fait des entailles au cutter en haut à droite du vêtement, à l'endroit correspondant au coeur de la personne qui portait préalablement le vêtement. Ces entailles rappellent des balles de mitraillette qui aurait été tirées sur la victime et qui auraient donc endommagé le vêtement qu'elle portait. J'ai ensuite placé de l'encre de chine rouge tout autour des impacts, en laissant couler quelques goutes vers le bas du vêtement. Le côté indélébile de l'encre de chine est là pour rappeler le tache ultime, la tache finale, la tache sanguine, celle qui marque la mort du vêtement autant que la mort de la personne qui portait ce vêtement.
Afin de valoriser le rendu de ma production, j'ai tenté de recréer une scène de mort. Je me suis placée sur un tapis d'Orient qui donne à la mise en scène un côté assez solennel. J'ai placé sur le sol une plaque de liège qui permet de casser les couleurs chaudes du tapis d'Orient et de faire ressortir les éléments de la mise en scène. J'ai plié mon projet comme on plie ordinairement un vêtement qu'on s'apprête à ranger dans une armoire, ce qui solennise encore davantage la scène et interpelle le spectateur sur ce que représente réellement ce vêtement taché de sang. La scie sur la plaque de liège et les ciseaux incrustés dans un des impacts de mitraillette sont des objets qui, ici sortis de leur contexte d'utilisation normale, peuvent rappeler la torture ou la douleur et me permettent d'insister sur le côté sinistre de la scène. ANTONINE
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